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« Bétons recyclés » : coopération au sein de la Grande Région

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Publié le lundi 20 octobre 2014

Peut-on recycler les bétons ? Et comment peut-on utiliser ces bétons recyclés ? C’est autour de ces questions phares que se sont rencontrés le 7 octobre, à la Chambre de Commerce du Luxembourg, plus de 120 participants de toute la Grande Région et au-delà issus de la recherche, de l’industrie et du monde politique. L’évènement, très réussi, a engendré la volonté d’une coopération plus étroite dans ce domaine.

Cet événement autour de la thématique « Potentiel d’utilisation des bétons recyclés » prend en compte la situation actuelle au sein de l’industrie européenne de construction. Celle-ci utilise la moitié des ressources en matières premières et produit une quantité énorme de déchets minéraux. L’objectif de l’Union Européenne est de diminuer les déchets de construction et de démolition d’ici à 2020 et de les recycler à hauteur de 70 %, selon les principes de l’économie circulaire. Actuellement, le recyclage ne se fait qu’à 50 %.

Pour atteindre cet objectif une collaboration étroite semble utile. Ainsi, les universités du Luxembourg, de Liège, de Lorraine et de Kaiserslautern, dans le cadre de l’Université de la Grande Région – UniGR, ont décidé d’organiser cet atelier en collaboration avec les clusters luxembourgeois « Ecoinnovation » et « Materials ». La Ministre luxembourgeoise de la Grande Région, Corinne Cahen, a également souligné : « Aujourd’hui vit ici la Grande Région. Il s’agit de trouver ensemble des solutions en faveur du développement durable. »

L’atelier a ainsi réuni des chercheurs de la Grande Région (Lorraine, Luxembourg, Rhénanie-Palatinat, Saare et Wallonie) mais aussi d’Aix-la-Chapelle, d’Heidelberg et de Liège, en plus de représentants des ministères de l’environnement et des travaux publics, de personnes issues de la branche du béton, de la construction et du recyclage de matériaux, tout comme des associations, des ingénieurs, des architectes, des conseillers, venus de tous les pays de la Grande Région. Ils ont ainsi pu se concerter autour des solutions déjà existantes et des obstacles, d’ordre règlementaire principalement, qui empêchent une utilisation des bétons recyclés à grande échelle.

Ne pas donner de la confiture aux cochons

Au Luxembourg, la part de déblaiement et de gravats parmi l’ensemble des déchets produits est très importante : elle s’élève à 84 %, où 70% de ces déchets sont des pierres et de la terre et le reste est jusqu’ici recyclé par des plateformes régionales en un matériel de qualité inférieure employé pour les routes ou comme masse de remplissage lors de l’installation de tuyaux. En Belgique, en Allemagne ou en France, les bétons recyclés sont de même surtout utilisés pour la construction de routes. Jürgen Schnell, Professeur ingénieur à Université Technique de Kaiserslautern, critique ce « Downcycling » et ajoute : « Les matières de qualité doivent être utilisées pour des matériaux de construction de haute qualité. On ne devrait pas donner de la confiture aux cochons. »

Une question se pose au Luxembourg : les quantités en matériaux pouvant être réemployées sont-elles suffisantes pour que la mise en place d’infrastructures soit rentable d’un point de vue économique ? Éric Kluckers, directeur général des Chaux de Contern – Groupe Eurobéton, explique que le pays ne disposerait pratiquement pas de matières premières propres et que les prix en matières premières et en transport augmenteraient constamment, ce qui signifie que chaque kilomètre supplémentaire lié au transport devient de plus en plus onéreux. De ce fait, l’entreprise est désormais très intéressée par l’emploi de matériaux de qualité issus du recyclage et provenant du Luxembourg et de sa proche région.

L’important, pour la fabrication de bétons recyclés de qualité, est la pureté de la matière employée. Pour cela, la démolition des bâtiments doit être mieux organisée afin de pouvoir trier les déchets plus facilement. Idéalement, les bâtiments devraient à l’avenir « être planifiés et construits de telle façon qu’ils se laissent déconstruire sans difficulté », souligne le Professeur Danièle Waldmann de l’Université du Luxembourg.

La collaboration continue

Les participants ont tous souligné la nécessité d’éliminer les obstacles et d’harmoniser les différences réglementaires entre les régions et les pays. Cela demande également une recherche plus approfondie sur ces sujets. C’est pourquoi les chercheurs présents lors de l’atelier ont décidé d’entamer une collaboration avec des partenaires privés et publics afin de mettre sur pied un projet commun.

Lucienne Blessing, directrice de l’UniGR et Professeur en Ingénierie à l’Université du Luxembourg, a confirmé le soutien de l’UniGR : « Nous considérons comme notre rôle de réunir les acteurs de la recherche, de l’économie et de la politique qui souhaitent par le biais de démarches innovantes contribuer au développement durable au sein de la Grande Région, particulièrement au sein de nos domaines phares que sont la science des matériaux et les Border Studies. »

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Contact : Kristina Hondrila, Référente UniGR, Université du Luxemburg, (+352) 46 66 44 – 6945, Campus Limpertsberg, BRA 4.11.