Consommation de drogues : nouvelle étude
Publié le jeudi 16 octobre 2014
Pour la première fois, des chercheurs ont prouvé que les toxicomanes dont les bagages éducatif et professionnel sont de niveau peu élevé présentaient un risque plus important de succomber à une surdose. En outre, il n’existe aucun lien entre le statut professionnel des parents et la probabilité que leur enfant toxicomane ne succombe à une surdose. « En gros, pour les personnes victimes de surdose, la probabilité qu’elles aient terminé leur cycle scolaire secondaire est réduite de moitié par rapport aux toxicomanes ayant survécu et elles sont une fois et demi plus susceptibles de s’être retrouvées sans emploi », explique Alain Origer, « Coordinateur National Drogues » au Luxembourg et chercheur à la tête de cette étude. Pour mener cette dernière, il a travaillé avec la Professeure Michèle Baumann, sociologue de la santé à l’Université du Luxembourg au sein de l’unité de recherche INSIDE, une unité de recherche interdisciplinaire travaillant sur la santé et le comportement. « Il n’y avait cependant pas de différence concernant le type d’occupation professionnelle entre les parents de toxicomanes survivants et ceux des victimes de surdose », ajouta-t-il. « L’on peut spéculer que les désavantages socio-économiques affectent davantage la vie quotidienne de ces individus qu’ils ne sont à mettre en relation avec leur éducation. » Ces résultats décisifs obtenus par une équipe de recherche de l’Université du Luxembourg ont suivi une analyse croisée de données particulièrement riches concernant la vie de plus de 1 300 toxicomanes résidant au Grand-Duché de Luxembourg entre 1994 et 2011. Ces données comportaient plusieurs dimensions de la vie de 272 cas de surdose fatale et de 1 056 toxicomanes aux profils comparables. L’étude s’est penchée sur les toxicomanes consommant des opiacés, le plus souvent de l’héroïne, et de la cocaïne. Il s’agit ici de la première étude fondée sur un panel aussi important et complet de données à long terme sur la vie de personnes toxicomanes. Les chercheurs ont eu accès à des données nationales anonymisées et issues de services spécialisés en toxicomanies, du système national de surveillance de l’usage de drogues illicites et de rapports toxicologiques et de médecine légale. L’équipe de l’Université du Luxembourg a donc été en mesure d’adopter une approche plus multidimensionnelle que des études antérieures dans la littérature scientifique. D’autres études s’étant risquées à une méthodologie similaire se sont avérées peu concluantes, faute de données suffisantes. « Les programmes éducatifs, les formations professionnelles ainsi que la réinsertion professionnelle peuvent contribuer à réduire la mortalité causée par l’usage de drogues » conclut Alain Origer. « L’intégration de ces mesures dans des programmes de réduction des dommages et le développement d’outils d’évaluation des risques pourraient sauver des vies ». - - - © Jörg Brinckheger, pixelio.de |
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